Nous l’utilisons tous les jours à chaque fois que l’on envoie un mail, que l’on consulte son téléphone, que l’on se balade sur la toile et pourtant nous n’appréhendons que très peu les consommations d’énergie et l’empreinte carbone induites par le numérique. L’empreinte carbone est liée en premier lieu à la fabrication des équipements (60%), puis à leur utilisation (40%).
Des impacts liés avant tout à la fabrication des équipements

Les impacts sont avant tout matériels. La fabrication des « terminaux » nécessite en effet des matières premières rares et des énergies fossiles en quantité importantes.
Ainsi, dès l’achat effectué, une bonne partie de l’empreinte carbone a déjà eu lieu. De plus, chaque français dispose de plus de 8 équipements, d’une durée d’utilisation allant de 2,5 ans pour les smartphones, à 3 ans pour les tablettes, 5 ans pour les ordinateurs portables et la majorité des équipements, jusqu’à 8 ans pour une télé. Pour fabriquer l’ensemble des équipements numériques qu’un français achète dans une année, il aura fallu près d’1 tonne de ressources.
Bien qu’en nombre les petits objets connectés (enceinte bluetooth, montres…) soient les plus nombreux (30 % des terminaux), ce sont les ordinateurs, smartphones et TV qui représentent la majorité des impacts (respectivement près de 30, 20 et 20%, soit 70% des impacts en cumulé).
L’info en +
Il y a plus de 70 matériaux différents dans un smartphone et 100 fois + d’or dans une tonne de téléphones que dans 1 tonne de minerai d’or
Un bilan des émissions de GES grandissant
Grand consommateur de ressources et d’électricité, le numérique représente déjà à lui seul 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre en France (source ADEME). Mais les données existantes sous-estiment les impacts. En effet, les études actuelles sont basées sur des données de 2022, aussi elles ne tiennent pas encore compte du développement de l’intelligence artificielle, qui est exponentiel !
Sans action pour la réduire, l’empreinte carbone risque rapidement de s’envoler. Mais il est possible de remplacer cette augmentation par une baisse de l’empreinte carbone en développant les actions clés citées ci-dessous.
Les actions clés pour réduire son empreinte carbone liée au numérique
- Faire durer autant que possible ses équipements, idéalement au moins 2 ans de + que les moyennes actuelles (notamment en libérant de l’espace mémoire)
- Faire réparer
- Ou réparer soi-même. Par exemple avec des tutoriels ou dans des ateliers de réparation : les repairs cafés, l’Atelier soudé à Villeurbanne,…
- Limiter la taille de l’équipement, notamment pour les TV
- une télé de 65 pouces consommera 2X plus qu’une TV de 42 pouces
- remplacer une TV par un vidéo-projecteur limite fortement l’empreinte carbone liée à la fabrication de l’écran.
- Acheter des équipements reconditionnés
- Il existe de nombreux sites spécialisés (Backmarket, AsGoodAsNew, SMAAART, Rebuy…) dans la vente d’équipements reconditionnés, c’est-à-dire de 2ème main, testés et remis en état de fonctionnement équivalent au neuf.
- Acheter des équipements performants ou qui limitent leur impact
- pour les TV et les écrans d’ordinateurs, consultez le site www.guidetopten.fr/
- pour les smartphones : Fairphone est une marque certifiée B Corp avec une filière équitable et il est possible de changer les pièces soi-même, Crosscall est une marque française qui développent des smartphones étanches et résistants aux chocs…
- Vérifier les labels : TCO, repeat…
- Acheter des équipements réparables
- « L’indice de durabilité » qui entrera en vigueur en janvier 2025 pour les téléviseurs et en avril pour les lave-linge, remplacera progressivement l’indice de réparabilité. Il vous permettra d’identifier si l’appareil est facile à réparer mais également s’il est fiable et évolutif.
- Mettre son matériel usagé dans la bonne benne à la déchetterie
- Donner son matériel usagé à une association de confiance : Emmaüs, Envie, Consoglobe, recupe.net
Les actions clés liées aux usages du numérique
L’impact des datacenters, bien qu’en grande partie basés à l’étranger, est plus important qu’estimé auparavant. Aussi, l’empreinte carbone du numérique en France grimpe plus vite que prévu. Il est absolument nécessaire d’accentuer les efforts au niveau des usages, et voici ce que vous pouvez faire dès à présent :
- Limiter l’usage de l’intelligence artificielle :
- désactiver les réponses automatiques par l’IA dans votre moteur de recherche et éviter les recherches sur ChatGPT : certains moteurs de recherche proposent désormais automatiquement une réponse générée par IA, vous pouvez désactiver cette fonction dans les paramètres.
- Privilégier une IA spécifique (traduction, orthographe, production de texte) plutôt qu’une IA générative, cela consommera beaucoup moins d’énergie. Exemple pour de la traduction, privilégier DeepL ou un site de dictionnaire comme “WordRéférence” pour chercher un mot en particulier plutôt que des IA conversationnelles.
- Éviter autant que possible le recours à l’IA générative pour générer des images ou des vidéos. Oui c’est amusant… mais son coût environnemental est salé. Les études montrent que générer une image ou encore une vidéo avec l’IA consomme bien plus d’énergie que de créer du texte, et qu’en plus, il y a souvent plus de déchets dans le processus… Dans la mesure du possible, utiliser des images déjà existantes provenant de banques d’images libres de droit.
- Limiter l’usage de la vidéo
- Elle représente + de 60% du trafic internet. Il est possible de limiter les consommations en limitant l’usage de la HD (sur un écran d’ordinateur de 13 pouces, une résolution de 360 à 720 pouces sera suffisante par exemple), télécharger plutôt que de regarder en streaming (et limiter ainsi l’utilisation de la 4G, 3X + consommatrice que le wifi), écouter la musique en audio…
- Elle représente + de 60% du trafic internet. Il est possible de limiter les consommations en limitant l’usage de la HD (sur un écran d’ordinateur de 13 pouces, une résolution de 360 à 720 pouces sera suffisante par exemple), télécharger plutôt que de regarder en streaming (et limiter ainsi l’utilisation de la 4G, 3X + consommatrice que le wifi), écouter la musique en audio…
- Débrancher les équipements
Nos appareils continuent de consommer en veille. Ainsi ¼ des consommations électriques pourraient être évitées.- Débrancher sa box internet pour économiser de l’électricité. On peut le faire quand on n’est pas là : la journée, pendant les vacances et aussi la nuit, en fonction de ses habitudes. On peut aussi utiliser un programmateur journalier ou hebdomadaire pour la remettre en route quand on rentre chez soi.
- Débrancher sa box internet pour économiser de l’électricité. On peut le faire quand on n’est pas là : la journée, pendant les vacances et aussi la nuit, en fonction de ses habitudes. On peut aussi utiliser un programmateur journalier ou hebdomadaire pour la remettre en route quand on rentre chez soi.
- Envoyer des liens plutôt que des pièces jointes
L’ALEC Lyon met à disposition de nombreuses fiches en téléchargement gratuit dans la rubrique « services ». Parmi celles-ci, vous pouvez consulter la fiche dédiée à la sobriété numérique.
Si le sujet du numérique vous intéresse, n’hésitez pas à écouter notre émission « l’instant climat », et en particulier l’épisode « Numérique et climat – à l’ère du digital, comment naviguer éco-responsable ? » où nous avons invité deux experts. Ils nous ont partagé des solutions pour rester connecté tout en préservant l’énergie, l’eau et les ressources.
Sources à consulter pour aller plus loin :
- https://altimpact.fr/ : le site internet pour un numérique plus responsable, édité par l’ADEME
- Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France, Mise à jour de l’étude ADEME-Arcep, janvier 2025
- Evaluation de l’empreinte environnementale du numérique en France en 2020, 2030 et 2050, étude ADEME-Arcep, mars 2023
- En route vers la sobriété numérique, Guide ADEME, 2024
En savoir plus sur le travail d’éco-conception mis en œuvre sur le site de l’ALEC Lyon